PROVIDRO – 1960 , les études et le début de la construction de l’usine

7 Déc 2025 | Souvenirs personnels

Le début de l’histoire de PROVIDRO : dans les années 1960, des verriers de Wingles partent au Brésil pour construire l’usine Providro et partager leur savoir-faire du verre plat.

Cette série d’articles relate l’histoire de la création d’une usine de verre à vitre, dit « verre plat », au Brésil, située à Caçapava entre São Paulo et Rio De Janeiro, par la société Boussois S.A dans les années 1960, et des verriers français de Wingles et d’Aniche (Pas-de-Calais) qui se sont expatriés quelques années avec leur famille pour apporter la compétence du procédé de fabrication de verre plat Libbey Owens aux brésiliens.

Ce premier article explique le contexte de cette aventure industrielle et les étapes d’études et de construction de l’usine. Les articles suivants expliquent la mise en route et le développement de l’usine et relatent la vie quotidienne des verriers chtis.

Bassin minier – Compagnie des mines de Lens

Contexte de l’usine de Wingles

Wingles est une commune du Pas-de-Calais située au nord de Lens. Le toponyme Wingles pourrait venir du tudesque « winkel » qui veut dire « maison écartée, demeure isolée » – en effet Wingles était composée essentiellement de bois et de marécages – ou de winchil qui signifie coin de l’ouest.

Après la première guerre mondiale qui a complètement rasé Wingles, les Mines de Lens se développent sur l’ancien terrain de la société métallurgique, ainsi que la société Franco-belge qui installe une verrerie de fabrication mécanique du verre sur vingt-deux hectares. Le site est choisi car la proximité des Mines de Lens permet d’apporter l’énergie nécessaire à la production du verre. Les fours à coke de Pont-à-Vendin fournissent un gaz riche, en grande quantité, à trois kilomètres du site de Wingles et la centrale électrique des Mines à Vendin le Vieil, également à moins de trois kilomètres, garantit la fourniture d’énergie électrique. La verrerie est construite en 1924 avec deux fours, avec chacun deux machines basées sur le procédé d’étirage du verre à vitre appelé Libbey Owens, plus un atelier de polissage appelée glacerie (pour faire du verre à glace). À l’origine, l’investissement comprend l’usine mais aussi des bureaux ainsi qu’une cité avec plus de cent habitations, un hôtel-mess avec bar, restaurant, chambres, et également des bains-douches et un beau terrain de football. Dès 1926, la verrerie comprend trois cent cinquante-trois salariés puis quatre cent quatre-vingt-six en 1950. La majorité des employés habitent dans les dix kilomètres alentour. Les métiers de la verrerie ont toujours nécessité des formations, même si durant des décennies il s’agit plutôt d’apprendre sur le tas avec un professionnel. Pour Wingles, au début dans les années 1920, les techniques, les tours de main s’acquièrent auprès des verreries de Moll en Belgique, société Mécaniver, qui exploite le procédé Libbey Owens.

Jusqu’en 1960, l’approvisionnement en matières premières importantes pour le verre (sable, calcaire, dolomie et carbonate de soude) est effectué par péniche sur le canal de la Deûle et par rail pour les autres (sulfate de soude, carbonate de soude).

De 1926 aux années 1950, le marché de l’usine est limité à la France métropolitaine et à ses colonies. Il se développe ensuite pour devenir mondial, l’exportation concerne alors quatre continents : Océanie, Amérique, Asie et Europe.

Vue aérienne du site de Wingles en 1965

En 1950, la Société franco-belge est absorbée par Boussois (1) et s’appelle les Compagnies réunies des glaces et verres spéciaux du Nord de la France ou Glaces de Boussois. En 1957, Robert Place, de Saint-Etienne, prend la direction de l’usine de Wingles et modernise la verrerie, car les installations obsolètes ne sont plus adaptées (composition, magasin de découpes, nouveaux bureaux, …) ainsi que l’organisation du travail et la mécanisation de la manutention des matières premières, verres à vitre, bois d’emballage. Dans les années 1960, les exportations représentent 60% du marché de l’usine dont 40% pour l’Amérique du Nord.

Robert Place quitte l’usine de Wingles en 1964 pour prendre la direction générale de Providro au Brésil.

Le Brésil à l’époque et la région de Caçapava

La république fédérale du Brésil couvre près de la moitié du territoire de l’Amérique du Sud, soit plus de 8,5 millions de km2, donc quinze fois la France. Le mot Brésil tire son origine du bois de Brésil ou pernambouc (ou pau-brasil), très apprécié dès le Moyen Âge pour ses propriétés tinctoriales utilisées dans les glacis roses et rouges. Les Portugais menés par Pedro Cabral reconnurent la présence de ce bois en quantité lors de leur première exploration du pays en 1500.

La population brésilienne se caractérise par une importante diversité ethnique et culturelle : 47,7 % de Blancs, 43,1 % de Métis, 7,6 % de Noirs et environ 2% d’Asiatiques et d’Amérindiens. À l’instar de ses voisins, le Brésil est un pays à majorité chrétienne. En 1960, le Brésil compte 73 millions d’habitants et 84 millions en 1965.

Après la fin de la seconde guerre mondiale, dans laquelle le Brésil s’est engagé auprès des Alliés, le président Getulio Vargas démissionne en 1945. Ensuite, le Brésil connait une vingtaine d’année de relative démocratie. Dans les années qui nous concernent, c’est Juscelino Kubitschek de Oliveira (aussi appelé par ses initiales JK), médecin, officier de police militaire et homme d’État brésilien, qui est président de la République du Brésil du 31 janvier 1956 au 31 janvier 1961. C’est le début de l’ère de conquête du territoire par les grands chantiers, mais JK s’enfonce progressivement dans les problèmes politiques intérieurs et les conflits d’intérêts entre les régions et les grands propriétaires. Surtout il se heurte aux forces de sécurité intérieure et à l’armée pas encore fidélisées au régime républicain, dans un pays où les inégalités sociales sont exacerbées. Ce président est à l’origine de la création de la nouvelle capitale fédérale du Brésil, Brasilia, inaugurée le 21 avril 1960. Le projet est dirigé par les architectes Oscar Niemeyer et Lucio Costa, deux disciples de Le Corbusier. La majorité des plaques de verre pour les bâtiments de Brasilia fut importée d’Europe.

Ensuite c’est João Belchior Marques Goulart, ou Jango, qui est président du 7 septembre 1961 au 31 mars 1964. À partir du 31 mars 1964, le Brésil connut, comme d’autres pays d’Amérique latine, une dictature militaire de droite. La junte militaire prit le pouvoir lors du coup d’État du 31 mars 1964, mené par le maréchal Castelo Branco, en lien avec la CIA.

Sur un plan chronologique, la construction de l’usine s’est déroulée en trois étapes : les préparatifs et la construction de l’usine, sa mise en route, puis sa bonne marche une fois entrée en production. La vie des familles de français qui se sont expatriées suit ce même cycle.

Contexte et prise de décision

Dans la phase de développement industriel du Brésil des années 1950, l’entreprise Santa Lúcia Cristais Limitada est fondée à São Paulo le 9 janvier 1951 par l’investisseur français Louis Dreyfus pour étendre au Brésil la production de verre trempé (2) qu’il possédait en Argentine et en Uruguay. A la tête de cette nouvelle entreprise se trouvait un autre Français, Jean Julien Garelly, ancien pilote des forces alliées pendant la Seconde Guerre mondiale, qui a implanté et dirigé les entreprises en Argentine et en Uruguay. L’usine brésilienne de soixante-dix personnes à l’époque, produit du verre trempé destiné à l’architecture (devanture de magasins) et de la trempe bombée destinée aux constructeurs automobiles Ford et General Motors pour les pare-brises des automobiles, dont l’utilisation fait un boom au Brésil. Toute la production de verre trempée est réalisée à partir de plaques de verre importées de six et sept millimètres d’épaisseur. Suite à l’expansion des marchés de l’automobile et de la construction, l’entreprise Santa Lucia lance la marque Blindex (marque pionnière du verre trempé au Brésil) et décide d’installer une nouvelle usine dans le Parque Novo Mundo sur la principale autoroute brésilienne, la via Presidente Dutra, qui relie São Paulo et Rio de Janeiro à travers la vallée du Paraíba. C’est l’une des régions les plus prospères de l’intérieur de l’état de São Paulo. Mais pour que tout se passe bien, cette décision stratégique avait été prise avec une autre mesure d’égale importance : celle de construire une usine de verre plat de bonne capacité et équipée du procédé Libbey-Owens, le plus récent et le plus perfectionné dans la production de verre étiré, pour alimenter Santa Lucia en verre plat de meilleure qualité. Ainsi, en association avec le groupe Boussois et avec le groupe brésilien Ipiranga (3), la décision est prise de construire à Caçapava la filiale Providro : Companhia Produtora de Vidro. La majorité des capitaux est fournie par les Brésiliens et ceux-ci se sont donc adjoints une société spécialiste du verre, Boussois. Ils se tournent vers les Français car il existe un très grand courant de sympathie entre les deux pays. Boussois a ainsi pris une part importante dans la nouvelle société Providro et en est le leader technique. Il a l’entière responsabilité de la construction et de la mise en route de l’usine Providro, puis celle de sa bonne marche.

Premiers panneaux au lancement de la construction

Les distances en bande dessinée

1960 – Le choix du terrain 

 Après de multiples recherches, le choix s’est porté sur Caçapava dans la vallée de Paraíba de l’état de São Paulo, en bordure de la via Presidente Dutra au n° 136, car le terrain répond pratiquement à toutes les conditions. Il a tout de même fallu convaincre les nombreux propriétaires de parcelles de bien vouloir vendre leur terrain à Providro, ce qui ne fut pas une petite affaire. Le terrain est à peu près aussi vaste que celui de l’usine de Wingles. En même temps que les diverses parcelles, quelques constructions existantes ont été achetées : une église, une école, une épicerie et quelques maisons.

En partant de São Paulo en voiture vers Rio de Janeiro, on trouve après 85 km environ une ville de 80.000 habitants – Sao José dos Campos, où vivent déjà quelques ménages de Français. Quinze kilomètres plus loin, exactement au kilomètre 104, se trouve le terrain de Providro, longeant la route sur près de 1.500 m. Si on roule encore cinq kilomètres, on trouve la charmante petite ville de Caçapava (environ 20.000 habitants).

Ce terrain, bien entouré par une clôture interrompue seulement par deux loges de style très moderne, se trouve à environ 500 m d’altitude, sur une sorte de plateau cerné par des montagnes dont certaines atteignent 1.500 m. À gauche, en entrant, les grands bureaux, bâtiment sans étage, style moderne et très simple.

La Via « Dutra » en bordure du terrain de Providro

1961 – 1962 : Les études puis la construction de Providro

Après l’enquête destinée à choisir les entreprises, la décision est prise de sélectionner l’entreprise de Génie Civil Dumez et l’entreprise de charpente métallique Fichet-Schwartz-Haumont, installées toutes deux à São Paulo et présentant l’avantage d’avoir à Paris des bureaux d’études avec lesquels les français pouvaient directement discuter des problèmes techniques.

Le plan de l’usine : le premier coup de bulldozer des travaux a été donné en janvier 1961 et le premier pieu est battu le 20 mai 1961. Parallèlement à la route, Ie long bâtiment qui comprend successivement les chaudières, Ie four, les deux machines, les étenderies, la découpe et le magasin constitue le bâtiment principal.

À gauche, le futur bâtiment du four et à droite celui des chaudières

Derrière celui-ci, on en trouve un second, parallèle au premier, qui comprend tous les auxiliaires : sous-station électrique, atelier électrique, atelier mécanique, magasin général, magasin des réfractaires, poterie, services sociaux, garage et caisserie.

Dans l’axe de la photo, le bâtiment des auxiliaires (sous-station, ateliers, etc. …)

Les matières premières : ce qui au Brésil a compliqué le problème, c’est que plusieurs produits sont livrés sous des formes différentes de celles que connues en France. Le sable, par exemple, arrive sous forme de roches de quartz. Il faut le stocker en roche, le reprendre, le broyer, le laver et le stocker sous forme de sable propre avant de le reprendre pour l’envoyer à la tour d’enfournement. La dolomie, le feldspath et le calcaire arrivent aussi sous forme de roches très dures qu’il faut broyer et cribler avant de les utiliser. Toutes ces opérations ont exigé des bâtiments et un matériel extrêmement important.

 Carrière de quartz de Delfin-Moreira

Recherche de sable non loin du chantier ; de gauche à droite : MM.Deneri, Gaston, Laroche, Conjaud.

Un deuxième problème insoupçonné fut celui de l’eau. Il a fallu construire un pipe-line de près de deux kilomètres pour aller chercher l’eau au fleuve Rio Paraïba do Sul en un point toujours accessible, quelle que soit la saison et la crue du fleuve. Mais cette eau est très polluée par de l’argile et il a fallu installer tout un matériel de décantation et de préparation de l’eau. Le bâtiment de distribution et de préparation de l’eau comporte à lui seul trois étages et plus de vingt pompes. L’eau potable est fabriquée sur place et il faut prévoir, selon la loi brésilienne, un circuit indépendant à haute pression pour le réseau d’incendie. Naturellement, à cela s’ajoutent les installations bien connues de circuit d’eau froide et d’eau chaude avec recyclage réfrigérant.

Les chantiers de constructions annexes liés à l’eau sont constitués :

  • du château d’eau dont la section est fort compliquée et qui ressemble plus à une fusée spatiale qu’à nos traditionnels châteaux d’eau. Mais en dehors de ses fonctions techniques, ce château d’eau a pour mission d’attirer l’attention des passants sur l’usine, dans le but de faire connaître Providro. Il est donc bien normal qu’il ait fière allure …
  • des bassins d’eau, chaude et froide, auxquels on donne une forme élégante en haricot correspondante à de savantes règles d’hydraulique
  • du bâtiment d’épuration des eaux

Ajoutez encore à cela les installations de cuves de mazout avec leurs bassins de rétention, lesquelles cuves sont partiellement enterrées par raison de sécurité et aussi d’esthétique et, enfin les installations de propane et vous avez pratiquement fait le tour de l’usine.

Le bâtiment principal, celui du four flanqué du bâtiment des chaudières et de la cheminée qui s’élève à près de trente mètres donne assez l’impression d’une de ces églises modernes au clocher géométrique.

Quelques chiffres :

  • Terrassement                                     300 000 m3
  • Pieux battus                                       1 070
  • Longueur de route dans l’usine         2 kms
  • Surface couverte                               27 000 m2
  • Béton                                                 26 000 m3
  • Charpente métallique                       700 tonnes
  • Réfractaires pour le four                   3 500 tonnes

L’entrée et les loges : du gazon a été semé entre l’autoroute et la clôture de l’usine pour donner un aspect sympathique qui est de règle au Brésil. Les loges d’entrée sont le royaume des gardes qui sont déjà là dans un uniforme sobre et élégant. Le képi des gardes d’Aniche, Boussois ou Wingles est remplacé par une casquette. Le « G.B. »(4) sera remplacé par un écusson accroché à la poche de la chemise et le chef- garde se distingue par une énorme fourragère sur l’épaule gauche !

Tous les matériaux de construction proviennent de l’industrie locale car, au Brésil, on trouve de tout mais certains produits manufacturés ne le sont que depuis peu de temps si bien qu’on ne trouve pas de références valables. De plus, il faut reconnaître que certaines fabrications ne sont pas encore au point. Tout cela est difficile à admettre par nous Français, mais une fois sur place on se rend compte du gigantesque effort qui est entrepris et l’on admet alors plus volontiers certaines imperfections.

En revanche, le matériel technique est principalement européen. C’est ainsi que l’on a expédié de France les réfractaires électro-fondus, d’Autriche les briques d’empilage en chrome-magnésie, d’Allemagne les mélangeuses des matières premières, de Belgique les machines à étirer le verre, de France les galeries de recuisson, l’installation de lavage de sable, les machines à découper et l’installation de propane.

Les pionniers constructeurs

Dès que la décision de construire l’usine fut prise, la Direction Technique de Boussois délégua à Caçapava un représentant en la personne de M. André Gaston qui assume sur place toutes les responsabilités du chantier. M. Gaston, ingénieur à l’usine d’Aniche, a débarqué le 17 mars 1960 et est en liaison constante par lettre ou par telex avec la direction technique qui prend à Paris toutes les décisions au reçu des dossiers établis sur place par lui-même. De plus, quand un problème particulièrement important est à régler, la direction technique délègue au Brésil un de ses ingénieurs, comme cela a été le cas pour M. Robert Deneri en décembre 1960 et en septembre 1961. Voilà donc comment est résolu le difficile problème que posait la construction d’une usine à quelques 10.000 km de la base. Son épouse, Jacqueline Gilot, mariée Gaston et leur fils Bernard, âgé de dix-sept ans le rejoignent en février 1961.

Sur le chantier, de gauche à droite : MM R. Deneri, E. Laroche, A.Gaston

Le Brésilien est un Latin comme le Français et il y a beaucoup d’affinités entre nos deux peuples, mais ces hommes ont la chance de vivre dans un magnifique pays qui vient seulement de commencer son évolution industrielle, si bien que l’on trouve difficilement là-bas des cadres ou des contremaîtres car ceux qui sortent des écoles brésiliennes sont en nombre très insuffisant pour l’industrie locale. L’ouvrier est très sympathique et prêt à bien faire, même s’il n’a pas encore tout à fait conscience de tous ses devoirs, il est très adroit de ses mains et très débrouillard et il s’avère qu’au bout de peu de temps, Providro a des équipes très valables.

Devant le bâtiment Composition, après une réunion de chantier, les ingénieurs, chefs de chantier et contremaîtres de « Boussois », de « Construtora Dumery » et de « Sociedade Commercial e Construtora » et 3ème à gauche, M Pedro Paulo Pereira-Ayres, architecte.

Assis sur le massif de la mélangeuse, des ouvriers brésiliens au casse-croûte

En mars 1962, les bâtiments sont quasiment terminés et le matériel est là, lui aussi. À ce moment, les équipes espèrent allumer le four avant la fin de l’année 1962, la suite vous démontera qu’il ne faut pas préjuger des problèmes rencontrés jusqu’à la dernière minute. Au fait, pour allumer un four, il faut le construire et pour le construire, il faut poser des briques et, en particulier, la première. Eh bien, le 10 avril 1962, la première et la seconde sont solennellement posées à Caçapava respectivement par M. Gaston et M.Deneri. Pour terminer, une confidence, il n’y a pas eu de discours à cette petite cérémonie car nous étions en tout et pour tout cinq à parler le français et les paroles auraient été inutiles et impuissantes pour traduire la joie et l’émotion ressenties en regardant ces deux briques qui marquaient la naissance d’un four à plus de 10.000 km de chez nous.

En novembre 1962, le montage du four est maintenant bien avancé et l’on attaque la construction des galeries de recuisson. Dans tous les secteurs de l’usine les travaux se multiplient et la surveillance d’un tel chantier devient extrêmement difficile. C’est le moment de passer à la deuxième étape avec le renfort des équipes et la mise en route du four et de l’usine (voir article suivant).

Notes :

(1) Boussois est une commune française située dans le département du Nord. 1898 : Création par Georges Despret des Glaceries de Charleroi, plus connues sous l’appellation des Glacerie de Boussois. 1908 : Fusion de Jeumont, Recquignies et Boussois. Naissance des Compagnies réunies des glaces et verres spéciaux du Nord de la France. 1914 : Destruction des 3 sites. Seul le site de Boussois sera reconstruit et se lance dans la production de verre pour automobile à la fin des années 1920. L’effectif grimpe jusqu’à 2 500 employés avant la seconde guerre mondiale (Source : Wikipédia)

(2) Le verre trempé est du verre traité en vue d’améliorer ses propriétés mécaniques. Le verre trempé est de deux à cinq fois plus résistant qu’un verre ordinaire. Il fait partie des verres de sécurité. Le verre doit être usiné, coupé, façonné ou percé et mis aux cotes définitives avant la trempe. Lorsqu’il se casse, il éclate en nombreux petits morceaux ne présentant pas ou peu de parties tranchantes (Ref Wikipédia).

(3) Ipiranga est un ruisseau de la ville de Sao Paulo sur les rives duquel a été proclamée l’indépendance du Brésil ; il signifie rivière rouge en langue tupi-guarani.

(4) G.B. Garde de Boussois

Sources :

  • Article de Anne Choquelle paru dans le magazine Eclats de Verre N° 41 – Mai 2023 de l’association généalogique verrière Genverre http://www.genverre.com
  • Bibliothèque Nationale de France : Magazine Reflets et Images de Boussois, février 1962 à juillet 1969 : N° 27, 29, 30, 31, 32, 33, 34,35, 40, 54
  • Livre : La Verrerie de Wingles 1924 – 1994 – Michel Dujardin –
  • Brasil, São Paulo, Porto de Santos, Relações de Passageiros e Imigrantes, 1960-1982. Images. FamilySearch. http://FamilySearch.org : 14 june 2016.
  • Arquivo National do Rio de Janeiro (Rio de Janeiro National -Archives, Rio de Janeiro