PROVIDRO – Fin 1963 – 1965 : la stabilisation et le développement

7 Déc 2025 | Souvenirs personnels

La stabilisation de l’ensemble après l’entrée en production

Ce troisième article détaille le développement des années 1963 – 1965 au Brésil puis la suite de l’histoire de l’usine mère de Wingles.

1964 – 1965 : L’essor de l’usine de Providro et l’arrivée de Robert Place

Début 1965, M. Robert Place, précédemment Directeur de l’usine de Wingles, a rejoint ses collègues au Brésil pour prendre le poste de Directeur Général de Providro.

En Mai 1965, deux ans après l’allumette, où en est Providro ? Chargé d’apporter aux lecteurs du magazine Reflets quelques nouvelles de Providro, Michel Da Silva Worms a recueilli le point de vue de la Production, de la Vente et de la Direction Générale, sur l’expérience vécue depuis le démarrage de Caçapava.

Fig. 47 : vue aérienne en 1965 ; à l’arrière-plan, le Rio Paraïba où est installée la prise d’eau. Au centre et à gauche, les résidences des « permanents » français,
au premier plan, la Rodovia Presidente Dutra

L’usine est belle. Elle s’est enrichie de plantations de gazon et d’arbustes.

M. André GASTON a bien voulu répondre à nos questions.

À QUELLE PRODUCTION ARRIVE-T-ON ?

Si nos chiffres de production peuvent paraître bien modestes comparés aux performances des fours semblables européens, nos progrès sont réguliers puisque nous avons augmenté de 30 % notre production depuis un an, nous situant à environ un tiers de la production de l’usine de Wingles. Par ailleurs, nous sommes à même de fabriquer normalement des verres extra-épais et des extra-minces.

QUELLES SONT LES DIFFICULTES RENCONTREES EN FABRICATION ?

Beaucoup plus qu’une quantité, c’est une qualité qui nous est demandée, puisqu’une partie importante de notre fabrication, environ 25 %, est destinée à l’Industrie automobile. Nos difficultés qui, il y a maintenant un an et demi, étaient de tenir les feuilles, se sont transformées puisqu’actuellement nous arrivons à :

  • contrôler l’humidité du sable avant chaque pesée,
  • contrôler la « déviation optique » au fendage,
  • mesurer les épaisseurs sur chaque feuille et
  • contrôler le nombre de défauts : puces, bulles, piquage, stries, d’heure en heure. Comme, par ailleurs, le verre « jardinier » n’existe pas, chaque fois que les normes de qualité ne sont pas respectées, le verre est cassé. Aussi nos difficultés sont-elles devenues celles de toutes les fabrications, c’est-à-dire assurer la régularité de qualité.

EXISTE-T-IL DES PROBLEMES PARTICULIERS DANS LES SERVICES AUTRES QUE LA FABRICATION ?

Étant donné que notre usine est placée dans la zone rurale de l’état de São Paulo et qu’il s’agit de la seule du genre dans le Brésil, on ne peut parler vraiment de problèmes, mais plutôt de conditions un peu particulières d’exploitation:

  • pour avoir de bonnes matières premières, il faut les broyer nous-mêmes
  • pour avoir de l’eau, il faut la pomper, dans le fleuve, la décanter, la filtrer, l’épurer, la stériliser
  • pour avoir du gaz convenable, il faut le vaporiser soi-même
  • pour avoir de l’électricité de « qualité », tension ne variant pas de 380 à 440 volts, il faut faire tourner les groupes électrogènes
  • pour avoir des pièces de rechange, il faut que l’atelier mécanique les usine.

Fig. 48 : au four, MM. Gaston, Gas et Stordeur

À QUEL POINT EN EST LA FORMATION DU PERSONNEL ?

Nous avons rencontré en général beaucoup de bonne volonté et nous en arrivons actuellement, à avoir des chefs-opérateurs encore novices mais efficients, de même les techniciens de four, les responsables de composition, les chefs de recette, les sous-chefs de magasin, de caisserie, d ‘expédition, les adjoints des chefs d’ateliers électrique ou mécanique, etc … sont à peu près formés, ce qui facilite la tâche de l’encadrement qui peut se consacrer d’une manière plus efficace à son rôle « d’instructeur », ayant de moins en moins à intervenir personnellement.

Et des opérations à chaud, comme le changement d’une avant-voûte de frittage, que nous venons de réaliser avec succès, contribuent d’un part à la formation du personnel en même temps qu’elles accélèrent la formation d’une équipe soudée.

Au siège, où rien n’a changé, notre Chef de Division Commerciale, M. Carlos A. Caldas, m’a fait le point de la situation économique :

M. CALDAS, POUVEZ-VOUS NOUS QUELQUES MOTS SUR LE MARCHE BRESILIEN DU VERRE PLAT ?

Pour que l’on puisse avoir une idée de ce qu’est le marché brésilien, il faut commencer par dire quelques mots sur la superficie du pays, qui est de 8,5 millions de km2 et sur sa population qui a déjà atteint 75 millions d’habitants. Il y a au Brésil un déficit de 8 millions d’habitations, ce qui, additionné au fait que la population augmente à raison de 3 millions d’habitants par an, nous donne une idée des possibilités de consommations de verre plat dans un proche avenir.

La consommation annuelle par habitant, de verre vitrage (y compris le verre imprimé qui n’est pas fabriqué par Providro), est de 0,14 m². En comparant cette surface avec celle qui est consommée en Allemagne Occidentale : 1,2 m², aux Etats-Unis : 0,89 m², en Angleterre : 0,83 m², en Italie : 0,82 m², en France : 0,58 m² et enfin en Espagne 0,36 m², nous voyons que fatalement la consommation de verre plat augmentera au Brésil.

Ajoutons, puisque nous fabriquons du verre automobile, que l’Industrie brésilienne a produit, en 1964, 183 000 voitures. Aujourd’hui encore la capacité des usines est supérieure à la consommation, mais cette situation s’intervertira peu à peu.

QUE PENSEZ-VOUS DE L’IMPORTANCE DE PROVIDRO DANS LE CADRE DE L’INDUSTRIE BRESILIENNE ?

Je pense que Providro est l’une des plus importantes industries qui se sont installées au Brésil dans ces dernières années. Son but principal est de produire un verre de haute qualité, destiné à remplacer les importations. L’industrie automobile brésilienne exigeante en ce qui concerne la qualité des produits utilisés dans ses voitures, les équipait avec de la glace polie importée par les industries nationales de verre de sécurité ; la qualité du verre de Providro a déjà permis de pénétrer dans ce marché, entraînant ainsi une économie de devises et augmentant l’indice de nationalisation des véhicules produits, qui est supérieur à 95%.

D’autre part, la qualité Providro commence à être connue et recommandée par tous les grands ingénieurs, constructeurs et architectes, ce qui nous permet d’envisager de prendre progressivement la place qui nous revient sur le marché brésilien

Fig. 50 : devant la machine N°2, de gauche à droite : MM. Choquelle, Réant, Groux, deux brésiliens, et Ponche

Fig. 51 : dans le rayon des verres épais avec MM. Bachelier et Declerq

Ainsi, Providro joue un rôle très important dans l’économie nationale : elle donne la possibilité de diminuer les importations, tout en maintenant un bon niveau de qualité aux produits de verre plat utilisés au Brésil.

LES PRODUITS DE PROVIDRO SONT-ILS REPANDUS SUR TOUT LE TERRITOIRE NATIONAL ?

Oui, de Belem do Parà et de l’Amazone, qui se situent pratiquement sur l’Équateur, jusqu’au Rio Grande do Sul, soit 3 500 kms plus au Sud, il y a des distributeurs actifs de Providro, possédant des stocks de notre marchandise pour livraison immédiate. L’enthousiasme de nos vendeurs et agents et la qualité chaque jour meilleure de nos produits, nous donnent l’assurance d’un futur brillant pour notre société.

Il me restait ensuite, à aller trouver notre Directeur Général, M. Robert PLACE, récemment arrivé parmi nous:

M. PLACE, APRES CINQ MOIS PARMI LES BRESILIENS, QUE PENSEZ-VOUS DE CE PAYS TROPICAL ?

D’abord, de ce pays tropical, je n’en connais que São Paulo, Rio et la route qui les sépare, avec Caçapava comme étape. En outre, depuis notre arrivée, nous avons reçu ici beaucoup d’eau ! C’est la saison des pluies. Il nous faut attendre l’autre saison pour mieux connaitre le Brésil.

Mais nous commençons à connaitre les Brésiliens et je suis heureux de l’occasion que vous m’offrez de dire ici combien ma femme et moi-même avons apprécié votre extrême gentillesse, votre très grande amabilité, votre souci de nous aider à nous sentir bien chez vous.

QUELLE COMPARAISON POUVEZ-VOUS ETABLIR ENTRE LES USINES DE WINGLES ET DE CAÇAPAVA?

Wingles est plus importante, plus développée sur les plans techniques de production, d’exploitation, d’administration. C’est une usine ancienne en plein renouveau.

Caçapava doit faire face aux problèmes spécifiques à sa situation au Brésil, sans être privé, pour autant, de ses possibilités d’innovations techniques, et quelques-unes déjà mûrissent. Caçapava a les atouts de sa jeunesse, de sa belle construction toute neuve et si bien implantée. Les exigences à Caçapava ne sont pas de celles de Wingles, à certains égards. Celles concernant la qualité m’y semblent plus sévères. Wingles restera cependant la sœur ainée de Caçapava et il nous reste beaucoup à y prendre sur le plan technique pour développer nos potentiels en quantité et qualité. Nous pouvons aussi, et surtout, y puiser l’exemple de ce que peut l’ardeur dynamique et créatrice d’un groupe qui va de l’avant.

QUELS SONT VOS PROJETS POUR L’ANNEE 1965, TENANT COMPTE DES RESULTATS OBTENUS EN 1964 ?

Mon arrivée a coïncidé, je crois, avec la stabilisation de Providro à un premier palier de régime de croisière. M. Gaston l’a définie avec l’accroissement de la production et la côte qualité exprimée par la part du verre automobile dans la production. M. Caldas l’a située en mettant en évidence la position de réputation acquise en 18 mois par Providro et l’influence de notre société B.S.N sur l’économie nationale du Brésil.

Après les magnifiques efforts de construction et de démarrage, dont j’ai suivi l’épopée depuis Wingles, l’implantation solide de Providro, techniquement et commercialement sur le marché brésilien est Ie couronnement de ces efforts là et de ceux fournis généreusement depuis juin 1963 par MM. Edmond Laroche, Maurice Conjaud, Gérard Delloye et André Gaston, entourés effectivement par « l’équipe » Providro répartie entre l’usine et le siège.

À l’usine, MM. de Menezes, Werneck, Bachelier, Gas, tous les français et les brésiliens qu’ils ont vu former et qui se sont révélés, dans tous les services, riches de belles dispositions.

Fig. 52 : de gauche à droite : MM. Habif, Place et Worms.

Au siège, MM. Marc Habif, cernant le cruzeiro, Carlos Caldas qui nous a exposé son problème, Hélio Marino, chargé des problèmes de personnel, Jacques Coudry, aux rênes de l’Intendance, vous mon cher Michel Worms, animateur de l’Administration Générale et vos collaborateurs ou collaboratrices, Robert Gontier, Catherine et tous les autres.

Et bien, le programme de Providro en 1965, me semble devoir être la progression de cette équipe vers sa maturité, l’amélioration de sa cohésion et de sa souplesse, en même temps que le renforcement de son encadrement en techniciens verriers.

Michel da SILVA WORMS. Reportage photographique : Franscisco ADORJAN – Sao-Paulo 

Wingles : en 1966, la création de B.S.N

En 1966, la société Boussois est devenue B.S.N. : Boussois Souchon Neuvesel, division du verre plat par fusion des Glaces de Boussois avec les Verreries Souchon Neuvesel.

Fig. 75 : le « nouveau visage » moderne, fonctionnel et accueillant de Wingles

Pendant la direction de M. Paul-Albert Decaudaveine de 1965 à 1966 à Wingles, les nouveaux bureaux sont aménagés et mis en service et la nouvelle entrée est opérationnelle.

Ensuite, Pierre Beaussart, fils de verrier winglois, arrive de Boussois quand il prend la direction de l’usine tout en étant directeur de la division verre plat qui regroupe donc les usines d’Aniche et de Wingles. Il lance le projet d’implantation de l’atelier double vitrage, après avoir testé l’exploitation dans un atelier pilote en 1972 et suit les essais de production de verre semi réfléchissant «Verflex». Le Verlex est un verre coloré semi réfléchissant qui a aussi des propriétés absorbantes.

La consécration de Providro : visite de l’Ambassadeur en 1969

Le 28 mars 1969, la Direction Générale de Providro a eu le grand honneur et le plaisir de recevoir en visite officielle le nouvel Ambassadeur de France au Brésil, Son Excellence M. François Lefebvre de Laboulaye [1] accompagné de son épouse et du nouveau Consul Général de France à São Paulo, M. Gabriel Rozas.

Cette visite s’inscrivait dans le cadre d’un voyage que le nouvel Ambassadeur effectuait dans l’état de São Paulo, pour en connaitre le développement et les activités de toutes natures, d’origine ou liées à la France : de fait, parmi tous les états du Brésil, l’état de São Paulo est le plus important sur le plan industriel et démographique et qui réunit la communauté des français du Brésil la plus nombreuse.

Ayant quitté São Paulo le matin par l’autoroute São Paulo-Rio pour effectuer une première halte à São José dos Campos où il visitait les installations de la Rhodia (filiale au Brésil de Rhône Poulenc), M. l’Ambassadeur et sa suite arrivent à l’usine de Providro à 12h30. Immédiatement après l’arrivée du cortège officiel, un déjeuner est servi dans le salon attenant à la piscine récemment construite. A ce déjeuner d’une quarantaine de couverts, participent les autorités civiles et militaires de la région, ainsi que les personnalités industrielles. M. J.P. Gouvea Vieira, Président de Providro et M. l’Ambassadeur ont successivement pris la parole pour se féliciter de la coopération économique et technique entre le Brésil et la France dont l’usine de Caçapava est une des preuves concrètes.

Fig. 76 : de gauche à droite : M. Place, M. l’ambassadeur, M. Gouvea Vieira et Mme Place.

Après une brève présentation de l’usine et du circuit de la visite par M. André Gaston, directeur de l’usine, les visiteurs se rendent à l’usine où M. Place présente à l’Ambassadeur tous les contremaîtres et techniciens français détachés par BSN à Caçapava, ainsi que les chefs de division brésiliens de l’usine.

La visite, par petits groupes, se déroule ensuite normalement en suivant le circuit de fabrication depuis le traitement des matières premières, la composition, l’enfournement, la fusion, l’étirage, le fendage et toutes les opérations d’exploitation. Les visiteurs ont même eu la possibilité d’assister à la fabrication des miroirs avec l’installation actuelle et de voir déjà installée la nouvelle chaîne d’argenture.

Son Excellence l’Ambassadeur de France a demandé à M. Gaston de transmettre ses félicitations à l’ensemble des responsables de l’usine pour la très bonne tenue des installations et remerciait la Direction Générale de son accueil. Une petite brochure, spécialement éditée à cette occasion et destinée à montrer ce qu’était Providro, ses réalisations et sa place sur le marché brésilien du verre fut distribuée à tous les visiteurs.

Sur la route de Rio de Janeiro, l’Ambassadeur et sa suite doivent ensuite faire une troisième halte pour visiter les installations de Mecànica Pesada (filiale du groupe Schneider).

Que s’est-il passé depuis ?

Les difficultés de l’usine de Wingles

En 1973 démarre à l’usine de Wingles un atelier de double vitrage, ce qui conduit le nombre de salariés à son point culminant (949 p), puis, le 1er avril 1974, Pierre Beaussart annonce l’arrêt du four n°2 de verre à vitres car l’arrivée du procédé Float-Glass [2] rend le procédé Libbey-Owens obsolète et la crise énergétique frappe durement.

En 1975, c’est le 2ème four qui est arrêté avec une réduction importante du personnel. Sous la direction de Michel Gargula, l’activité double vitrage est correcte. Il gère la crise de forte réduction d’effectifs et lance la reconversion en production de bouteilles après une période d’incertitude et l’arrêt durant 6 mois de la construction de ce four à bouteilles. Ce dernier est allumé en 1976 ce qui assure la reconversion du site jusqu’en 1993, qui comprend alors 293 personnes.

Dès 1976, la récupération du verre est lancée dans la région Nord et la société favorise l’implantation d’une entreprise de traitement du verre récupéré à Wingles.

Au 1er janvier 1978, l’usine de Wingles est séparée en deux établissements distincts : une verrerie de verre d’emballage et un établissement de double vitrage de Boussois SA.

De nos jours, l’usine de Wingles n’appartient plus à BSN Packaging mais à Owens Illinois et s’est spécialisée dans la production de bouteille en verre pour les brasseurs. Elle compte comme principal client la Brasserie Heineken International et la Brasserie de Saint-Omer. C’est dans le cadre d’un partenariat accru avec cette dernière qu’Owens Illinois a lancé un plan de rénovation de son four. Le brasseur de Saint-Omer a en effet concentré ses commandes de bouteilles sur la seule verrerie de Wingles.

Créée en 1924, l’usine annonce une capacité de production d’un milliard de bouteilles de bières par an destinées aux brasseurs du Nord-Pas-de-Calais, installés à moins de 80 kilomètres du site de production. Particularité : pionnière dans l’économie circulaire, la verrerie s’est construit une spécialité dans le recyclage de verre. Ainsi, elle affiche aujourd’hui un taux d’utilisation de verre recyclé de 90 %.

Le développement de Providro et de la région

En 1973, un deuxième four identique à celui allumé en mai 1963 est opérationnel à la fin de l’année. Sa capacité de production, avec ses quatre machines soit un équipement similaire à celui de l’usine de Wingles, atteint alors un million de mètres carrés de verre à vitre par mois. Elle dispose en outre d’une chaîne d’argenture pour les miroirs. À la fin de 1976, Providro emploie plus de 700 personnes avec seulement un effectif de 5 étrangers envoyés par Paris.

En 1977, Boussois s’est consolidé avec Gervais – Danone, le passage du « contenant au contenu » par l’impulsion stratégique de son nouveau Directeur Général Antoine Riboud ; à cette époque, elle détenait toujours 41% de Providro.

Depuis le rachat de l’usine par l’entreprise Pilkington, l’usine initiale se concentre sur la production de verre pour l’industrie automobile, assurant la fourniture de verre vert de faible épaisseur, destiné à la trempe et au laminage.

Le 8 novembre 1989, la décision de construire deuxième usine de production est prise, toujours à Caçapava. La construction s’est déroulée entre mars et mai 1990. Maintenant, tous les verres bronze et gris produits au Brésil ont été fournis par cette seconde unité, et elle comprend aussi la ligne de production des miroirs Cebrace et du verre réfléchissant Cebrace – Cool Lite.

Sur l’ancien site de Providro, que reste-t-il des constructions des pionniers ? le pipeline creusé à partir du Paraïdo del Sul est devenu un ruisseau et l’extension de cette rivière va maintenant jusqu’au-delà de l’autoroute. Le château d’eau, le réservoir en forme de haricot et les routes intérieures (Ruta Particular) sont toujours bien visibles, ainsi que la forme des bâtiments d’origine, maintenant occupé par l’usine Pilkington. Depuis les maisons d’habitation des pionniers ont disparu et la deuxième usine construite dans les années 1990, Cebrace Cristal Plano occupe la grande partie du terrain libre, vers la voie de chemin de fer. Entre les usines et le Paraïbo, le Barrio Santa Luzia s’est développé avec de nombreuses habitations et est intégré dans la banlieue de Caçapava qui compte 85 000 habitants en 2010. La R.P.D.(Ruta Presidente Doutra) égrène en continu des quartiers d’habitation, des condominiums et des usines de Caçapava à San José dos Campos.

Google Earth : Voici une vue des deux unités de production et du Barrio Santa Luzia en
2022, qui sont développées au-delà de la ligne du chemin de fer (en haut sur la photo de gauche). Sur la vue en gros plan à droite, on distingue clairement les deux usines de production actuelle avec le plan quasi intact de la première usine, la plus proche de l’autoroute; l’église semble avoir été agrandie et embellie.

Notes de bas de page :

[1] François Lefebvre de Laboulaye, né le 16 juin 1917 à Washington, mort le 28 août 1996 à Saint-Saëns (Le Petit Quesnay) à l’âge de 79 ans, est un diplomate français. Il a été ambassadeur de France au Brésil de Novembre 1968 à 1972. L’ambassade se trouvait à Rio de Janeiro jusqu’en 1976 puis a été transférée à Brasilia. Caçapava dépend du Consulat général de Sao Paulo. À notre époque, le nombre de français établis au Brésil est estimé à 30 000 personnes.

[2] Le verre est élaboré dans un four de grande capacité et déversé à la sortie sur un bain de métal en fusion (on dit qu’il « flotte » sur le métal). Ce procédé supprime les opérations de doucissage et de polissage qui caractérise le procédé Twin, car le polissage est automatique grâce au contact verre-métal en fusion.

Sources :

  • Article de Anne Choquelle paru dans le magazine Eclats de Verre N° 41 – Mai 2023 de l’association généalogique verrière Genverre http://www.genverre.com
  • Bibliothèque Nationale de France : Magazine Reflets et Images de Boussois, février 1962 à juillet 1969 : N° 27, 29, 30, 31, 32, 33, 34,35, 40, 54
  • Livre : La Verrerie de Wingles 1924 – 1994 – Michel Dujardin –
  • Brasil, São Paulo, Porto de Santos, Relações de Passageiros e Imigrantes, 1960-1982. Images. FamilySearch. http://FamilySearch.org : 14 june 2016.
  • Arquivo National do Rio de Janeiro (Rio de Janeiro National -Archives, Rio de Janeiro