Dans ce premier article de la saga Langham, je vous présente la biographie de George Langham, l’arrière-arrière-arrière-grand-père de mon père, puis d’autres articles expliqueront la reconstitution de son ascendance et enfin celle de sa descendance dans le nord de la France où il a fait souche.
George James LANGHAM
George James Langham est né en novembre 1783 à Loughton, dans le comté d’Essex en Angleterre.
A la fin du XVIIIème siècle, Loughton est un village d’environ 300 habitants, situé à environ quinze miles au nord-est de Londres (London). Au XVIIIème, Loughton devient une étape importante sur la voie principale reliant Londres à Newmarket et Cambridge grâce à ses relais de poste, qui permettent une halte avant de traverser la vaste forêt d’Epping. En 1730, cette route est à péage et des auberges, des forges et des magasins s’y développent pour répondre aux besoins des voyageurs.
Joseph Langham et Ann Lejeune (ou Susan Crawford selon les sources) donne le prénom à leur aîné peut-être en l’honneur du roi George III, bien-aimé de la population. George est baptisé le 7 novembre 1783 selon les rites de l’église catholique anglicane à l’église St Paul de Covent Garden à Londres.
Ligne : 7 du mois de Novembre 1783: George James Langham son of Joseph Langham by Ann his wife
Source: City of Westminster Archives Centre; London, England; Westminster Church of England Parish Registers; Reference: STP/PR/4/5
Lorsqu’il a quatre ans, nait sa petite sœur Mary Ann, le 6 mars 1787.
Ligne : 6 de Mars 1787: Mary-Ann, D (Daughter – Fille) de Joseph & Ann Langham, présentée le 10 février
Je sais peu de choses sur son adolescence et sa vie de jeune adulte et je retrouve sa trace en 1814, année de ces vingt-neuf ans : il est militaire au sein du 2ème régiment des dragons de la garde. En effet, dans les archives militaires anglaises, je retrouve de nombreuses traces des paiements des soldats (Source : War office – Regimental pay-lists : Sergents, Corporals, Trompettes, Privates – UK, British Army Muster Books and Pay Lists, 1812-1817). Pendant la période de 1812 à 1816, George et son régiment sont stationnés à Edinburgh. On peut supposer que George s’est volontairement engagé dès sa jeunesse car le Royaume-Uni a mobilisé et formé plus de 780 000 hommes de 1792 à 1815 dont un tiers dans la Royal Navy, arme à laquelle appartenait mon aïeul (référence : le « Levée en masse Act » de 1803 et le « Training Act » de 1806 – avaient introduit le principe du service obligatoire pour tous les hommes du pays). Dans la période 1803 – 1815, le pays s’est converti à la « nation en armes » à l’identique de la France alors qu’au siècle précédent, le Royaume-Uni caractérisé par sa maîtrise des mers et son empire avait une armée relativement réduite et hautement professionnelle.
De 1816 à 1817, George Langham, dragon au 2ème régiment, fait partie des troupes d’occupation de la France après la défaite napoléonienne de Waterloo du 18 juin 1815. En effet, après la dernière abdication de Napoléon le 22 juin 1815 et à la suite du second traité de Paris du 20 novembre 1815, une armée d’occupation de près de cent cinquante mille hommes : anglais, russes, prussiens, danois, autrichiens, bavarois est mise en place dans les hauts de France à charge de la population française d’entretenir tout ce monde.
En janvier 1816, les rations sont embarquées à bord du vaisseau Britannia et George atteint Douvres le 21 janvier 1816 puis rejoint Calais le 26 janvier 1816. Ensuite certains officiers du régiment signent à Avesne le Comte, Hauteville puis du 25 mars au 24 juin 1816, les officiers signent de Hazebrouck puis de Arque du 25 juin au 24 septembre 1816 et de Cohem (à côté de Aire sur la Lys) le 10 octobre 1816.
On peut ainsi supposer de George suit les déplacements de son régiment car Il y a trace du paiement de sa solde : il est payé environ 3 livres par trimestre.
En janvier 1817, le régiment se déplace plus à l’ouest vers Guînes, région qui deviendra la terre d’adoption de mon aïeul.
Déplacement du 2ème régiment de dragons anglais de 1816 – 1817 – itinéraire via Google Maps
Carte de Cassini de la région de Guînes, Marquise et Calais – Géoportail.com
Guînes et Calais subissent l’occupation des Hussards prussiens et des Dragons anglais. L’écrivain guînois Léopold Décuppe (1835 – 1908) évoque cette occupation à travers quelques anecdotes, dans lesquelles les Guînois s’en tirent plutôt à bon compte. Mais nul doute que, durant deux longues années, la présence de troupes étrangères sur le sol guînois et alentours a pesé lourdement sur la vie et l’économie locale.
Les Prussiens ont leur corps de garde à l’Hôtel de Ville. Les Anglais du deuxième régiment de Dragons arrivent à Guînes le 28 octobre 1816 et s’y installent jusqu’à leur évacuation définitive en novembre 1818. Leur cantonnement est situé au café Dupont-Bellanger dont la façade donne sur la rue de l’Eglise.
Cadastre de Guînes – 1833 – section E – Archives départementales du Pas-de-calais ; à l’époque, la rue de l’église est au sud-est du quartier du château (actuellement rue Georges Clemenceau)
Léopold Décuppe (1832 – 1902) dans son livre « Poème historique sur Guînes », édité en 1896 raconte les anecdotes du « brave père Basset » qui, dans sa jeunesse, faisait les courses pour les officiers anglais. Basset raconte que, pendant qu’ils jouaient aux cartes, les gamins de Guînes leur lançaient des ordures. Une autre anecdote nous met en présence d’un batelier nommé Joseph Buy, dit Bolo. Bolo s’est, un jour, assis aux côtés de deux Anglais qui se tiennent au coin du feu et, alors qu’il allume sa bouffarde, leur lance de « bruyants zéphyrs aux parfums raffinés », le tout en se pinçant le nez ! Les Anglais s’écrient : « Shocking, cochonne », etc. Résolu, gai et d’humeur folichonne, Bolo leur répond : « cochonne si tu veux et tout ce que tu voudras, mais tu déguerpiras l’Anglais ». Effectivement, les deux Anglais s’en iront chercher un logement ailleurs.
On note également qu’en 1817, Louis-Marie Briche, maire de Guînes, doit recevoir un général anglais se plaignant de l’attitude des Guînois qui cherchent querelle aux soldats. Toutefois, l’officier anglais a la mauvaise idée de se présenter devant le maire avec son chien. Monsieur Briche envoie un tel coup de pied à l’animal que celui-ci vole au-delà de la porte d’entrée. Le maire de Guînes est un homme très énergique, défendant ses concitoyens contre les exigences et tracasseries des Anglais et il déclare au général qu’il n’aime guère qu’on se présente devant lui avec un animal. La leçon, paraît-il, est profitable et l’Anglais ne se risquera plus en mairie avec son chien.
Quant aux problèmes avec la population, ils sont bien réels et, en plus des réquisitions, les Guînois n’aiment pas que les Anglais viennent conter fleurette aux dames et demoiselles de la ville ; telle est souvent la raison des rixes et bagarres. En quittant la ville, plus d’un Anglais laissera un « cadeau » à domicile. Dans certains cas, la situation va s’éclaircir car des soldats anglais vont contracter mariage à Guînes et finiront même par s’y établir. Ainsi, un maréchal-ferrant, James Sanderson, épouse une demoiselle Fortin et le sergent Pichelle se marie avec Anne Thoumin le 29 avril 1818. Il y a malheureusement trop peu d’exemples de régularisation pour les enfants illégitimes.
Une dernière trace de cette occupation concerne une rue de Guînes, ou plutôt une impasse, celle de la Basse-Cour, que l’on a longtemps appelée rue de l’Hôpital en raison de la présence, à cette époque, d’un tel établissement servant aux soldats anglais.
Etant donné que les simples soldats (nommés « private » en anglais) doivent subvenir à leur besoin sur le territoire et que les français doivent nourrir les soldats d’occupation, on peut penser que les soldats sont répartis dans différents villages et que mon ancêtre George connût sa future épouse, mademoiselle Euphrosine Triquet dans le courant de l’année 1817, ils ont respectivement 34 ans et 25 ans. Elle habite Réty qui est situé à 13 kilomètres de Guînes, en passant par la forêt de Réty. Comment se sont-ils connus ? Comment se comprennent-ils, on peut imaginer que George eût appris quelques mots de français depuis son stationnement dans le Calaisis et Boulonnais. Quelle est le point de vue de Euphrosine et de ses parents sur la fréquentation d’un militaire anglais ?
Carte de Cassini de la région de Guînes, Marquise et Réty – Hardinghen – Géoportail.com
Toujours est-il que George et Euphrosine se marient le 16 juillet 1818 à Réty, devant Hubert Fontaine adjoint au maire, Euphrosine étant enceinte de son premier enfant. Ainsi George a peut-être l’envie de se poser après tant d’années dans l’armée et l’arrivée de cet enfant l’oblige à officialiser la situation. Néanmoins, on peut dire qu’il assume sa future situation d’époux et de père.
Acte de mariage George Langham – Marie Catherine Euphrosine Triquet et sa transcription ci-dessous :
L’an mil huit cent dix-huit, et le seize juillet, par devant nous Hubert fontaine adjoint en remplacement de Monsieur le Maire de la commune de Rety, Canton de Marquise, département du pas de Calais, sont comparus george Langham âgé de trente et un ans, Militaire anglois du deuxième dragon de garde de la Compagnie F5 carnay stationné à Réty, fils majeur de Jacques, et de Suzanne Crofort natif De la paroisse de Loughton.. Engleterre, d’une part, et de Marie Catherine Euphrosine triquet âgé de vingt cinq ans, fille majeure de pierre triquet journalier ci-présent et consentant, et de Marie Louis Brigitte Wallet domicilié à Réty, d’autre part, lesquels nous ont requis de procéder à la célébration de leur mariage projetté entre eux, et dont les publications ont été faites devant la principale porte de la maison commune, s’avoir la première le quatorze et la seconde le vingt et un juin dernier, a l’heure de midi, aucune opposition audit mariage ne nous ayant été signifié faisant droit à leur réquisition après avoir donné lecture de toutes les pièces ci-dessus mentionnées et du chapitre six du titre du code civil intitulé du mariage, avons demandé au futur époux et à la future épouse s’ils veulent se prendre pour mari et pour femme, chacun d’eux ayant répondu séparément et affirmativement, déclarons au nom de la loi que georges Langham et Marie Catherine Euphrosine triquet sont unis par le mariage, de tout l’avons dressé acte en présence de Thomas Stanhope âgé de vingt cinq ans, trompette du deuxième dragon de garde stationné à Rety, Charles Layland âgé de trente sept ans, Brigadier du deuxième dragon de garde stationné à Hardinghen, Jean Marie Bacquet propriétaire âgé de soixante quatre ans, ami de l’épouse, Jacques Antoine Bouvergne tonnelier âgé de vingt cing ans amis de l’épouse, tous deux domiciliés a Rety, lesquels après qu’il leur en a été donné aussi lecture, l’ont signé avec nous, et les parties contractantes
Signatures de : Euphrosine Triquet (signature en bâtons, assez hésitante)
George Langham, Charles Layland, Bouvergne, Bacquet, Thomas Stanhope
Triquet père a déclaré ne savoir signer, Fontaine
NB : J’ai retrouvé trace de Thomas Stanhope et de Charles Layland dans les archives militaires anglaises.
Le couple s’installe à Rety et demeure à côté des parents d’Euphrosine, ce qui me fait penser que la situation d’un mariage transnational est acceptée. Leur premier enfant, un garçon nait le 2 janvier 1819 à Réty, c’est le premier bébé baptisé de l’année 1819, il s’appelle Jacques (on note le premier prénom d’origine française) George Welesly (deux prénoms anglais à la suite). Le père est toujours militaire anglais, au moment du baptême et les témoins du baptême sont des amis de la famille : Jean Baptiste Defer, littérateur (i.e. écrivain de métier) de cinquante-sept ans et James Craven, mécanicien de vingt-cinq ans, tous deux domiciliés à Hardinghen. J’ai aussi retrouvé trace de James Craven dans les archives militaires anglaises.
Lors du recensement nominatif par ménage de Réty, canton de Marquise, arrondissement de Boulogne dans le Pas-de-Calais qui date du 6 juillet 1820, le ménage 136 de George Langham est suivi du ménage 137 de Pierre Triquet, père de Euphrosine, on peut donc supposer leur proximité géographique. A cette époque, George est libéré de l’armée, il est journalier comme son beau-père et peut-être travaille-t-il à Hardinghen avec son ami de l’armée, James Craven.
La famille Langham s’agrandit rapidement et un deuxième fils Louis Daniel naît le 29 août 1820 à Réty. Les témoins ont des noms d’origine française : Antoine Louis Marie Deulin, bourrelier, vingt et un ans, Jean Marie Bacquet, propriétaire, 66 ans.
Le père George est présent à ces 2 baptêmes, gardez bien en tête cette remarque car elle a de l’importance pour la suite de l’histoire.
Acte de baptême de Jacques George Welesly, dit George
Acte de baptême de Louis Daniel, dit Daniel
Un peu plus de deux ans après Louis, un troisième fils, baptisé Pierre Louis voit le jour le 12 novembre 1822 à Réty.
Acte de baptême de Pierre Louis, dit Louis
La naissance est déclarée par Marie Marguerite Henon, sage-femme de Réty ; la maman Euphrosine est ménagère domiciliée à Réty, épouse de Georges Langham, absent de la maison de Réty. Les témoins sont Pierre Playe, voiturier, âgé de vingt-sept ans et Jean Marie Bacquet, propriétaire, âgé de soixante-deux ans (ce dernier signait de nombreux actes du village et est déjà signataire à leur mariage et à un baptême précédent).
On note un changement à ce moment, Euphrosine travaille t-elle comme ménagère ou s’occupe-t-elle de son foyer, ce qui est fort probable ? et pourquoi George est absent de la maison, que signifie cette déclaration ? est-il absent à cause du travail ou pour une autre raison ? Revient-il de temps à autre au domicile conjugal ? on verra ensuite le mystère de sa disparition et de son décès …
Puis on suit la famille, au moins Euphrosine et ses enfants grâce au recensement de 1831 à Réty (population 1286 habitants).
Lors du recensement du 8 octobre 1831, George Langham père est absent, son épouse est déclarée veuve. Est-il vraiment décédé ou a-t-il fui la vie de famille ? Euphrosine vit avec sa mère Brigitte Wallet, devenue veuve de Pierre Triquet en 1826. La veuve, âgée de soixante-douze ans est chef de foyer et cultivatrice et Euphrosine, trente-neuf ans gère le ménage et s’occupe de ses trois garçons : Georges 12 ans, Daniel 11 ans et Louis 9 ans et se serrent sans doute les coudes pour manger à leur faim. Elles habitent à côté de Louis Antoine Triquet, le frère de Euphrosine, son épouse Emelie et leurs quatre enfants, un peu plus jeunes que ceux de Euphrosine. Louis Antoine est voiturier, c’est-à-dire qu’il est spécialisé dans le transport par voiture, marchandises ou personnes. En effet, vers 1832 dans la région du Boulonnais la métallurgie se développe et l’acheminement des minerais, cokes, charbons nécessaires à la production de fonte à Marquise nécessite des moyens de transport considérables ; l’équipement en chemin de fer n’est pas en place, alors c’est le voiturage hippomobile qui se développe. Le canal de Guînes à Calais se développe aussi considérablement.
Malgré l’absence du mari, Euphrosine accouche d’un quatrième garçon le quatre août 1832 à Réty qui s’appelle Pierre Joseph Langham, soit dix ans après le troisième.
Acte de naissance de Pierre Joseph Langham en 1832, dit Pierre
La déclaration de naissance à l’état civil est faite par Victor Garcasse, chirurgien, 29 ans, de Hardinghen qui déclare à dix heures et demi du matin que Euphrosine Trinquet, cabaretière, épouse de Georges Langham anglais, est accouchée dans sa maison située à la Barberousse commune dudit Réty, d’un garçon auquel il donne le nom et prénom de Lengham Pierre Joseph (notez l’orthographe capricieuse du nom de famille). Les témoins sont Germeuil Triquet, journalier, trente-quatre ans, autre frère de Euphrosine et Pierre Dupont, domestique, trente-deux ans, tous domiciliés à Réty. Il n’y a plus trace du père George et d’amis anglais comme au début de la vie maritale mais le quatrième garçon porte toujours le nom de famille Langham que l’on peut supposer être celui de son géniteur. Euphrosine a quarante ans lors de cette dernière naissance, exerce maintenant le métier de cabaretière et a déménagé dans le quartier de Locquinghen; à l’époque c’est un hameau entre Réty et Hardinghen.
Cadastre de Réty – 1833 – section A – Archives départementales du Pas-de-Calais.
Les enfants de Euphrosine, nés de père anglais sont donc de nationalité anglaise (cf liste récapitulative alphabétique et annuelle des registres de naissance : 5 MIR 05/3 – Rety page 1039)
Alors, où est George Langham père ? Aucune trace dans les recensements de Réty de 1836, 1841, 1846, 1851 et 1856 ! Néanmoins, on peut suivre Euphrosine, ses quatre enfants et son frère Louis, devenu meunier et son épouse Emilie et leurs quatre enfants avec lesquels elle a joint ses forces. En effet, les deux familles vivent ensemble et sont déclarées comme un seul ménage au recensement de Réty de 1836. Louis exploite sans doute le vieux moulin tel que mentionné dans le plan cadastral de 1833, situé au nord de la commune de Réty , à la limite de la commune de Ferques.
En 1841, Euphrosine est toujours cabaretière, se déclare à l’agent recenseur sous le nom de Triquet (et non Langham) et vit avec ses quatre garçons dont trois exercent maintenant des professions : George est maréchal, il s’occupe du soin des chevaux ; Daniel est tailleur de pierres, il y a en effet de grandes carrières de calcaire et de marbre à Réty et aux alentours (Marquise) ; Louis est journalier. En 1841, à côté du cabaret d’Euphrosine, la famille du meunier Willaume Willard, anglais a remplacé la famille de son frère Louis qui est redevenu voiturier, comme dans sa jeunesse et habite un peu plus loin. Leur mère Brigitte est décédée l’année précédente à l’âge de 81 ans.
En 1846, Euphrosine se déclare sous le nom de Triquet, veuve avec observation « veuve civilement » et aucun de ses 4 garçons n’est marié : Georges, 28 ans, Daniel, 26 ans, Louis, 24 ans et Pierre, 14 ans. Peut-on supposer qu’à cette date George père est réellement décédé ? c’est l’option la plus probable à ce stade de mes recherches. Ainsi cela donne une fourchette pour tenter de trouver son acte de décès entre 1832 et 1846.
Lors du mariage du troisième fils Louis, le 16 juin 1847 à Hardinghen, à nouveau une mention d’absence : « fils mineur de George Langham absent depuis environ 23 ans, affirme les comparus ainsi que les témoins, ci-après nommés, sous la foi du serment qu’ils ignorent le lieu du domicile dudit Georges Langham, père de l’époux ». Le fils aîné George est devenu forgeron (soit chez un maréchal-ferrant ou plus probablement dans une forge à Hardinghen).
En 1851, Euphrosine est toujours débitante à 59 ans ; Georges, âgé de 33 ans, maréchal et Pierre, 19 ans, journalier habitent toujours avec elle. En 1856, toujours dans le hameau de Locquinghen, Euphrosine est déclarée chef de ménage, George Lengam, son fils aîné, 38 ans, manouvrier et Pierre Triquet son fils cadet, 24 ans, manouvrier . On peut noter ici la déformation de l’orthographe du nom Langham, sans doute dû à un renouvellement des officiers de la mairie et le fait que le cadet Pierre est déclaré au nom de sa mère Triquet … tous les enfants sont dits de nationalité française dans les recensements lorsque cette caractéristique est mentionnée, alors que juridiquement, ce n’est pas le cas.
Enfin en 1861, Euphrosine vit seule, ménagère à 67 ans et elle décède le 26 décembre 1863 à l’âge de 71 ans. Les témoins qui déclarent le décès sont : Joseph Teillier, 47 ans, maître de carrière, cousin de la défunte (et son voisin dans le recensement de 1861) et Chrysostome Lécaille, 48 ans, potier, voisin, qui déclarent que Marie Catherine Euphrosine Triquet, âgée de 70 ans, ménagère, née et domiciliée à Réty, mariée à George Langham, dont on ignore le domicile et s’il est vivant, est décédée en sa demeure à onze heures du matin.
Dans le recensement de 1861, les fils Langham mariés sont respectivement : Pierre Louis Langham, mouleur ; Pierre Joseph, le cadet a son nom orthographié Lengagne par l’agent recenseur et ils habitent aussi le hameau de Locquinghen. Le potier témoin Chrysosthome, 46 ans doit être le patron des poteries situées au centre du hameau. A cette époque, les hommes sont soit mineurs, soit potiers à Locquinghen.
Cette énigme autour de la vie et du décès de George Langham père demeure entière : est-il reparti en Angleterre, est-il mort en France ? dans quel village ? est-il reparti dans l’armée âgé de plus de cinquante ans ? En a-t-il eu marre de la vie de famille et des contraintes de la paternité et du dur métier de journalier ?
Je n’ai pas de trace du décès de George Langham dans les tables décennales d’état civil de Réty entre 1822 et 1872 ainsi que dans les registres de décès.
J’ai aussi exploré la piste d’une éventuelle présence à Hardinghen, village limitrophe de Réty et où deux de ses fils travaillaient, sans succès. Même recherche infructueuse lors de l’exploration de tables des successions et absence des AD62 : 3Q 15/143 – Calais (pages 90 à 110 -lettre L) et 3Q 14/149 – Boulogne (pages 77 à 91)
Cette énigme non résolue me poussera à explorer de nouvelles pistes et je tiendrai le lecteur au courant de mes avancées. Si vous avez des idées à me proposer, n’hésitez pas !
La suite de l’histoire de la famille Langham fera l’objet d’autres articles, restez connecter !
Sources :
- Archives départementales du Pas-de-Calais
- War office – Regimental pay-lists : Sergents, Corporals, Trompettes, Privates – UK, British Army Muster Books and Pay Lists, 1812-1817)
- Poème historique sur Guînes de Léopold Décuppe
- Guînes, des origines à nos jours ; Eric Buy, Stéphane Curveillier, Jacques Louf – Editions du Camp du Drap d’Or – Collection Patrimoine et Histoire
- Cartes : Géoportail.com